La généralisation de la facturation électronique approche et constitue un enjeu majeur pour les entreprises des métiers de la Communication Visuelle. Enseignes, sérigraphie, signalétique, impression numérique, marquage & décor, installation, médiapplication, digital media ou encore gravure : toutes les structures, y compris les indépendants, seront concernées.
Beaucoup d’entreprises pensent encore avoir le temps, mais les retours du terrain montrent qu’il est indispensable d’anticiper pour éviter rejets, retards de paiement et lourdeurs administratives.
Pour illustrer cette réalité, deux adhérents FESPA France témoignent de leur expérience.
Témoignage de deux adhérents FESPA France
“La mise à jour des données est un travail colossal”
« Un important travail de mise à jour des données clients est nécessaire.
Les rejets de factures seront fréquents si les informations ne sont pas fiables.
La rigueur administrative en amont (devis, BDC, validation) permettra de sécuriser les délais de paiement.
Ce retour confirme l’importance d’anticiper dès maintenant. »
“Déjà passés à Factur-X : plus aucune relance”
« Plusieurs de nos clients — notamment de très grandes entreprises — sont déjà passés à la facturation électronique et au traitement automatisé Factur-X.
Les débuts ont été exigeants : adaptation de nos processus internes, mise à jour de nos données clients, révision complète du circuit devis/commande/facture/règlement, mises à jour informatiques…
La moindre erreur dans la facture entraîne un rejet immédiat.
Mais lorsqu’elle est conforme, les délais de règlement sont parfaitement respectés.
Depuis cette transition, notre poste clients est impeccable : aucune relance, aucune dérive. »
Ces retours confirment que les entreprises doivent se préparer sans attendre, mais de façon méthodique et structurée.
Rappels : les mentions déjà obligatoires sur les factures
Avant même la facturation électronique, la réglementation impose déjà un certain nombre d’obligations issues de la loi de finances 2024 (art. 91), du Code général des impôts (art. 242 nonies A), (art. 289), et (art. 1737) et du Code du commerce (L441-3 à L441-4).
Mentions indispensables :
- Date d’émission et numérotation unique
- Identité vendeur / client (raison sociale, adresse, SIRET, TVA intracommunautaire)
- Désignation, quantité, prix HT, taux TVA, totaux
- Conditions et date de paiement
- Pénalités et indemnité forfaitaire de 40 €
- Mentions spécifiques (auto-liquidation, franchise TVA art. 293 B, etc.)
Calendrier officiel du passage à la facturation électronique
L’ordonnance du 15 septembre 2021 rend obligatoire la facturation électronique pour toutes les entreprises assujetties à la TVA.
À partir du 1er septembre 2026
- Toutes les entreprises devront recevoir des factures électroniques.
- Grandes entreprises et ETI devront aussi émettre leurs factures au format électronique.
Nouvelles mentions à intégrer :
- Numéro SIREN du client
- Adresse de livraison (si différente)
- Nature de l’opération (biens / services / mixte)
- Mention de l’option « TVA sur les débits » le cas échéant
À partir du 1er septembre 2027
- Obligation d’émettre électroniquement pour :
✔ PME
✔ Micro-entreprises
⚠️ À noter : certains clients imposent déjà la facture électronique avant les échéances légales.
Comment se préparer efficacement ?
À éviter :
- Choisir trop vite une plateforme/PDP
- Modifier son logiciel sans analyse préalable
- S’engager dans une solution qui ne sera pas homologuée
À faire dès maintenant :
Auditer son système de facturation
- Compatibilité Factur-X (format PDF + XML)
- Connexion future aux PDP ou OD
- Mise à jour éventuelle à planifier
→ À faire en lien avec l’expert-comptable
Mettre à jour toutes les données clients
Informations indispensables :
- N° TVA intracommunautaire
- N° SIRET
- Pays
- Plateforme utilisée (si connue)
Vérifier les mentions obligatoires actuelles
→ Pour éviter les rejets automatiques.
Identifier les informations manquantes
→ Et planifier les corrections nécessaires.
FESPA France reste mobilisée
FESPA France continuera à relayer les informations nécessaires et à accompagner ses adhérents dans la compréhension et la mise en œuvre de cette réforme.