Retour sur le RDV FESPA France à Nice et le congrès sérigraphie 2026

Réunis à Nice à l’occasion du RDV FESPA France et du Congrès de la Sérigraphie, les professionnels du secteur ont échangé autour des grands défis qui façonnent aujourd’hui la profession : l’intelligence artificielle, la transition technologique et la durabilité. Au-delà des innovations présentées, un message s’est imposé tout au long de la journée : la compétitivité des entreprises passera autant par la maîtrise des nouveaux outils numériques que par la valorisation des savoir-faire techniques.

Ce rendez-vous a permis de présenter les nouveaux services accessibles aux professionnels adhérents de FESPA France avec notamment le lancement des formations IA dédiés aux métiers de la communication visuelle et l’accès à la centrale d’achats Dynabuy permettant de bénéficier de tarifs préférentiels et faire en moyenne 23% d’économie.

photo rdv nice 2026

Formation et recrutement : préparer les compétences de demain

La matinée a mis en avant un enjeu majeur pour la filière sérigraphie : attirer, former et fidéliser les talents dans un contexte de transformation des métiers. Les intervenants ont rappelé que les compétences techniques, notamment en automatisation, maintenance et intelligence artificielle, doivent désormais s’accompagner de qualités humaines telles que l’adaptabilité, la communication et l’envie d’apprendre.

Les dispositifs de formation ont également été présentés par Pierre-Yves Delepierre, consultant et formateur, avec un focus sur les parcours existants : CAP Sérigraphie industrielle, nouveau Titre à Finalité Professionnelle « Technicien d’impression en sérigraphie et numérique » créé par FESPA France, alternance, POEI, AFEST et financements mobilisables via les OPCO. L’objectif est de proposer des parcours adaptés aux besoins des entreprises tout en facilitant le recrutement sur des métiers en tension.

La présentation de FRANCE TRAVAIL a mis en lumière l’ensemble des services proposés aux entreprises pour les accompagner dans leurs recrutements. Grâce à un conseiller dédié et à la plateforme France Travail Pro, les employeurs peuvent organiser des immersions professionnelles, bénéficier d’aides à la formation avant embauche ou encore mettre en place des recrutements. Ces dispositifs visent à simplifier les recrutements, développer les compétences des futurs collaborateurs et répondre plus efficacement aux besoins des entreprises de la filière.

 

L’IA au service de la sérigraphie : une opportunité à structurer

Ce congrès a permis de mettre en lumière les opportunités offertes par l’intelligence artificielle (IA) pour les entreprises de sérigraphie, tout en rappelant que son intégration nécessite une véritable réflexion stratégique et organisationnelle.

Les intervenants ont souligné que l’IA ne doit pas être considérée comme une solution miracle. Si les outils conversationnels sont aujourd’hui facilement accessibles, leur efficacité dépend directement de la qualité des informations qui leur sont fournies. Une même question formulée différemment peut produire des réponses très différentes.

L’un des messages essentiels de cette intervention est donc l’importance de la formation des utilisateurs. Les équipes doivent apprendre à dialoguer avec l’IA en construisant des prompts précis intégrant un contexte, un objectif, des contraintes, un format de réponse attendu et des critères de contrôle.

Des applications concrètes pour la sérigraphie

Plusieurs exemples d’utilisation ont été présentés à partir d’expériences déjà menées en entreprise.

En prépresse, l’IA facilite le contrôle des fichiers avant production et permet de détecter plus rapidement les anomalies. En production, elle peut analyser des photos d’impression afin d’identifier les défauts et de proposer des pistes de réglage.

Les intervenants ont également présenté des cas d’usage dans la formulation des devis, la recherche de recettes colorimétriques, la rédaction de documents techniques, l’analyse des demandes clients ainsi que la prospection commerciale.

Une démonstration particulièrement marquante concernait la capacité de l’IA à générer une représentation visuelle à partir d’une description textuelle complexe, permettant ainsi de mieux comprendre les attentes du client avant même le lancement du projet.

Structurer avant d’automatiser

Les échanges ont insisté sur le fait que l’automatisation ne peut être efficace que si les processus internes sont parfaitement définis.

Avant de créer des agents d’intelligence artificielle ou des flux automatisés, il est indispensable de cartographier les procédures existantes, de formaliser les règles métier et de disposer de données fiables, homogènes et accessibles.

Une fois cette étape réalisée, des agents spécialisés peuvent être développés pour automatiser certaines tâches comme la préparation des devis, le suivi administratif des commandes, les relances clients, la maintenance préventive des équipements ou encore la gestion documentaire.

Une démarche progressive

Les intervenants ont partagé leur propre retour d’expérience. Après un enthousiasme initial, ils ont constaté qu’il était préférable d’avancer progressivement, en testant les outils sur des cas concrets et en validant systématiquement les résultats.

Chaque prompt doit être éprouvé à plusieurs reprises afin de vérifier sa stabilité avant d’être transformé en agent automatisé.

Cette démarche permet d’obtenir des réponses cohérentes et reproductibles, condition indispensable pour intégrer l’IA dans les processus de l’entreprise.

L’humain reste au cœur des décisions

Un autre point fort de cette conférence concerne l’accompagnement des équipes.

L’IA ne doit pas être imposée comme un outil destiné à remplacer les collaborateurs, mais comme une assistance permettant de supprimer les tâches répétitives et de recentrer les compétences humaines sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

Les intervenants ont rappelé que l’expertise métier, l’analyse critique et la prise de décision demeurent indispensables. L’IA apporte une aide, mais ne remplace ni l’expérience ni le savoir-faire.

Points de vigilance

Plusieurs risques ont également été évoqués :

  • la qualité et la fiabilité des réponses générées ;
  • la confidentialité des données transmises aux plateformes d’IA ;
  • la nécessité de conserver un contrôle humain permanent ;
  • le coût croissant de l’utilisation des modèles d’intelligence artificielle à mesure que leur usage se généralise.

Les entreprises sont donc invitées à intégrer ces paramètres dans leur stratégie numérique.

Cette conférence montre que l’intelligence artificielle représente une véritable opportunité pour moderniser les entreprises de sérigraphie, améliorer leur productivité et renforcer la qualité de leurs services.

Toutefois, cette transformation ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle nécessite une préparation méthodique, une organisation claire, des données fiables et surtout une montée en compétence des équipes.

L’IA est un outil d’accompagnement qui doit être mis au service de l’expertise humaine. Les entreprises qui sauront la structurer, l’expérimenter et l’intégrer intelligemment disposeront d’un véritable avantage concurrentiel.

Durabilité des encres et innovations : la sérigraphie confirme ses atouts

L’intervention de MISTRAL GRAPHIC a mis en évidence les performances de la sérigraphie face aux exigences croissantes des applications industrielles. Grâce à un dépôt d’encre plus important et à une grande diversité de résines et de pigments, elle demeure la technologie de référence pour les impressions nécessitant une forte résistance aux UV, aux intempéries, aux produits chimiques et au feu. Si l’impression numérique a considérablement progressé, notamment en matière de qualité et de durabilité, la sérigraphie conserve un avantage pour les applications les plus exigeantes.

Les conférenciers ont rappelé que la durabilité d’une impression dépend du choix des pigments, des résines et des traitements de protection, ainsi que du respect des normes de qualification. Les essais de vieillissement accéléré et les tests en conditions réelles restent indispensables pour garantir les performances des produits.

Les interventions de SAATI et d’AKZO NOBEL ont illustré l’évolution de la filière vers des marchés à forte valeur ajoutée, tels que l’électronique imprimée, l’aéronautique ou le marquage industriel. Les innovations présentées, notamment les nouveaux tissus haute précision et les systèmes de gravure laser Computer-to-Screen (CTS), témoignent d’une montée en technicité qui renforce la compétitivité de la sérigraphie.

Enfin, tous les intervenants ont souligné que l’avenir de la profession reposera sur l’innovation, la maîtrise des technologies de pointe et le développement des compétences afin d’accompagner les besoins croissants des industries les plus exigeantes.

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Livre « 55 ans de sérigraphie d’art » Michel Caza